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Damien zoyo

Les Cycles de sept ans de la Vie

Il existe beaucoup de grilles différentes pour décoder le cheminement d'une vie. L'une d'entre elles, que l'on retrouve dans des traditions de tous les continents, considère que la vie d'un homme se divise en cycle de sept ans. Chaque cycle proposant une opportunité et une fenêtre de réalisation et de travail sur soi différente. Cette analyse symbolique apporte des enseignements souvent riches sur nos chemins de vie.

Elle est intéressante car le chiffre sept semble être une constante dans notre façon d'interagir avec l'univers. Les sept notes de musique, les sept couleurs de l'arc-en-ciel, les sept orifices du visage, les sept métaux des alchimistes, les sept planètes des astrologue de l'antiquité, les sept centres énergétiques principaux du corps, les sept corps...etc.

Les phases que je vais décrire ici ne sont ni des fatalités ni des généralités. Chaque phase représente plutôt une fenêtre qui s'ouvre sur soi pour aller regarder avec conscience ce qui se passe en nous. Toujours avec la finalité de s'aimer et s'accepter un peu plus complètement et sans réserve. Il n'y a pas qu'un seul train à ne surtout pas rater. Ces phases et les opportunités qu'elles portent se croisent et se recroisent de nombreuses fois au cours de notre vie. Il y a toujours une autre opportunité de regarder sous un autre angle. De même en fonction du fait que la personne ait pu vivre une phase avec liberté et respect de sa personne, ou sous contrainte et dans un contexte plus difficile, les vécus de chaque phase seront différents.

De zéro à sept ans l'enfant atterit et trouve sa place, ou pas. Il est une éponge. Il vit, voit, ressent à travers ses parents et son entourage au sens large. Il apprend tout ce qu'il peut observer et entendre. Il emmagasine toutes les règles du jeu du nouvel environnement dans lequel il vient de s'incarner. Il est alors symptomatique de ses parents ou des adultes et du contexte qui l'entourent. Lui faire un soin énergétique, psychologique ou autre, est une solution temporaire et illusoire si les adultes autour de lui ne travaillent pas sur eux. Il est le voyant qui clignote sur le tableau de bord. Changer l'ampoule ou lui taper dessus, la débrancher ne sert à rien. Il faut se demander pourquoi elle clignote. Dans le même temps l'enfant est concentré sur lui-même. Il vit ses émotions très intensément et ne conçoit les contraintes liées aux autres que si elle lui sont montrées. Si elle lui sont expliquées il prend peu à peu conscience de l'environnement et de l'impact qu'il a dessus et donc de sa responsabilité. A cet âge-là son ego n'est pas encore construit et durci. Mais si il est maintenu dans cette illusion que le monde tourne autour de lui, et que son ego se construit à coup de frustrations, de compétition et de moqueries, de centré sur lui il deviendra centré sur son ego : egocentrique. Cela se manifestera d'autant plus à l'adolescence si cet apprentissage n'a pas été accompagné vers l'âge de deux ans. A l'inverse si il est accompagné avec douceur et bienveillance, avec amour inconditionnel, alors il exprime l'Être dans ce qu'il est de plus pur et de plus beau : bienveillance, générosité, empathie, amour.

A l'âge de sept ans et jusqu'à quatorze ans il va ensuite aller vers l'extérieur pour tester si les règles du jeu sont les mêmes. Il dort chez un ou une amie pour la première fois, il y teste les règles du jeu ou chez ses grands-parents ou à l'école. Pendant sept ans il a fait une confiance aveugle à ses parents et maintenant il veut savoir si ces acquis sont valables. Il va vers les autres, vers l'extérieur, il sort de son foyer, de son centre : il est excentrique. L'appartenance à un groupe d'ami, un concept, un artiste, un code de valeur, une équipe sportive est primordiale. Ainsi il se définit un peu mieux en cherchant à définir le monde qui l'entoure. Du coup il pose des questions, sur tout et tout le temps. 

De quatorze à vingt et un ans c'est la phase de l'autonomie conceptuelle. L'adolescent est autonome. Mais dans sa tête. Il n'a pas encore son véhicule et si il en a un son rayon d'action est limité. Il n'a pas son propre argent, son propre logement et son couple est souvent instable. Mais dans son coeur bout une énergie folle qui s'exprime de deux manières qui ne devraient en aucun cas être freinées à cet âge. D'une part dans sa réflexion sur la vie il se questionne, analyse, révolutionne tout ce qu'il peut, son activité phylosophique est intense. D'autre part cette phase est marquée par l'intérêt pour l'autre sexe. Ce qui rend son couple instable est la source d'une grande richesse. Car le chemin de la sexualité et de l'expérimentation vont le mener à lui-même. C'est une initiation dans le sens premier du terme. Dans le domaine de la sexualité comme dans le domaine de la remise en question des codes de valeurs, ce passage initiatique devrait toujours être encouragé et entouré.

De vingt et un à vingt-huit ans c'est la phase de l'autonomie réelle. Première voiture, premier logement, premier couple voire premier foyer, premiers salaires et voyages ou choix de consommation. Cette phase est souvent marquée par l'ambition, la carrière, l'envie d'acquérir telle voiture ou tel obget, de mener telle ou telle aventure, qui manifestera au monde sa sortie de l'initiation et sa prise de pouvoir sur sa vie : l'autonomie. Il est moins tourné vers sa place au sein de la nature ou de l'univers et plus vers sa place au sein de la société.

De ving-huit à trente-cinq ans, c'est le passage à l'âge adulte. Précisémment jusqu'à trente ans si il est vécu librement. Chez les grècques anciens on savait que l'homme devenait stable vers cet âge-là et c'est seulement à ce moment qu'il était considéré adulte et qu'il devenait citoyen. Il avait assez vécu l'aventure et était prêt à se civiliser et à se poser. Un homme est une femme qui arrivent à cet àge devraient avoir assez conquis et s'être assez prouvé. La vie questionne aussi notre structure professionnelle. Des questions viennent. Quelle trace vais-je laisser? Quel projet professionnel ou quelle activité ai-je réellement envie de porter? Quelle vie ai-je envie de mener? Avec quelles valeurs? Le feu de l'ambition débordante est maintenant enrichi d'une mise en perspective par l'arrivée d'un foyer et parfois d'enfants. C'est souvent une phase marquée par des changements de cap liés à la profession ou au mode de vie. Vers trente-cinq ans une sorte d'apogée se produit. Entre vie ardente de l'enfant et sagesse de l'ancien.

De trente-cinq à quarante-deux ans c'est notre structure familiale et notre place en tant qu'Être au sein d'un foyer qui est questionnée et de révolutionnaires conquérents nous passons parfois à membre de "l'establishment". Tout simplement car nous recherchons maintenant une sorte de stabilité basée sur ce que nous avons acquis lors de nos aventures. Souvent les enfants quittent le foyer ou deviennent plus autonomes et l'autre dans le couple a encore des conquêtes à mener et des choses à se prouver. Or souvent le chemin est : fille/fils de.. puis épouse/mari de... et mère/père de... Pour la première fois un grand vide se présente et il peut faire peur. Vivre pour soi-même et plus par rapport à un rôle vis-à-vis de l'autre. Être femme ou homme. Simplement. Si nous avons eu la liberté de nous construire en respect de nos rythmes sur les phases précédentes, cette phase est un repos. Nous avons la liberté de nous détourner un peu de l'extérieur pour nous recentrer sur nous, notre vie spirituelle est intérieure. Nous n'avons plus à être constamment en train de prouver et d'être disponible à l'autre. Dans le même temps, après l'apogée, l'énergie vitale décline un peu mais de façon tout à fait naturelle. Il n'y a plus de conquête à mener et le cheminement vers soi à travers la sexualité a été pleinement vécu et donc les besoin du corps et de l'esprit ne sont plus aussi importants. Donc si nous mangeons comme nous l'avons toujours fait nous nous mettons alors à grossir, si nous gardons la même ambition, la même compétition, le même besoin de se prouver, des déséquilibres de la santé apparaissent plus ou moins graves. Le temps est à la sagesse, à l'accompagnement et à soi.

De quarante-deux à quarante-neuf ans nous recueillons les fruits des six phases précédentes. La vie spirituelle prend plus d'ampleur et commence à mûrir en nous un sentiment pas encore complètement perceptible. Cette phase peut être plus ou moins cahotique en fonction du vécu plsu ou moins libre et respecté des phases précédentes. Il y a souvent comme un sentiment de petite mort, voire de vrais conflits extérieurs ou intérieurs qui viennent bousculer notre expérience.

A quarante-neuf ans c'est une renaissance. Et les phases précédentes se déroulent de nouveau. De quarante-neuf à cinquante-six ans nous revivons notre arrivée. Si elle a été accueillie avec respect nous vivons cette phase avec harmonie. Si notre arrivée a été chaotique, une fenêtre s'ouvre ici pour venir revivre symboliquement et guérir ce passage. En même temps l'appel vers un voyage intérieur et parfois même extérieur, spirituel a mûri et est maintenant conscient en nous. Nous allons repasser dans les 7 premières "pièces" pour "passer la seconde couche de peinture".

De cinquante-six à soixante-trois ans nous revivons l'excentricité et nous avons besoin de révolutionner notre vie en remettant certaines valeurs au centre de nos choix. Nous éprouvons parfois un besoin de repartir à l'aventure et en voyage vers l'appel spirituel qui s'est révélé à nous. Certaines personnes de cette phases ont des comportements troublants pour leurs proches et passent pour de grands enfants dépendamment de la liberté qui avait été laissée lors de la phase de quatorze à vingt et un ans. Nouvelle voiture, nouveau couple, voyage, travaux ou déménagements etc. De même l'appel spirituel peut s'accompagner d'un désintéressement complet des associations, groupes, communautés etc, ou au contraire se matérialiser dans une association dont la cause rejoint le réveil qu'il y a eu en nous.

De soixante-trois à soixante-dix ans, notre énergie se tourne complètement vers l'intérieur et les valeurs qui accompagnent le réveil spirituel vécu. A l'inverse si l'adolescence a été vécue sous contrainte, des comportements d'adolescent peuvent se manifester et de l'agitation venir envahir l'espace. Les valeurs alors nourries peuvent être troubles ou floues, la personne se sentir perdue.

A soixante-dix ans et par la suite une autre ampleur est prise dans l'autonomie et la trace que la personne laisse que ce soit dans ses transmissions ou sa famille. L'esprit et le corps sont prêts pour le passage qu'est la mort. Et la sagesse innonde les actions et paroles. Plus rien n'est à conquérir, à découvrir ou à prouver. Ni dans le plan matériel ni dans le spirituel. Et ne reste que le non-vouloir et la disponnibilité consciente à l'instant présent. Si les phases précédentes présentent trop de lacunes une certaines déstructuration et un trouble émotionnel peut venir.